Lincoln
Continental 1964 Matchbox
Superfast #31
- Lesney
Restauration ou archéologie
?
Une bien
belle auto que la Lincoln Continental 1964, avec ses portières "suicides",
favorisant l'accès aux places arrières ...
Seulement
voilà, ce modèle réduit là, des suicides, il
en a beaucoup vu ...
Pare-brise
cassé, suspension broyée d'un coté (d'où son
visible affaissement sur le coté gauche), essieux tordus, carrosserie
déformée, disparition du coffre ... !
Ouille,
cela fait beaucoup sur un seul modèle ! Nous pouvons, dans le cas
présent, être à même à se demander : cette
restauration est-elle raisonnable ?
Euh ...
clairement NON !
Seulement,
nous le ferons tout de même, na ! Car la Passion a ses raisons que
la Raison ignore !
Mais il
n'y a évidemment pas que de la passion la dessous, car ce modèle
a évidement une valeur sentimentale : Sachez, qu'il s'agit probablement
d'une de mes toutes premières autos miniatures. Il est également
amusant de noter qu'aussi loin que je me souvienne, cette auto n'avait
pas de coffre ! L'ai-je seulement jamais eu ? La question est, à
ce jour encore, restée sans réponse.
D'autre
part, cela nous fera un excellent exercice. Nous avions déjà
eu une simple restauration de peinture(s) avec la Mustang
Boss, peinture + autocollant à la main avec la Ford Torino,
peinture(s) + autocollants à re-concevoir informatiquement avec
la Buick Regal, et voilà que s'annonce
une reconstruction de vitrage détruit, et une reconception
d'une pièce de carrosserie manquante. Joli projet, hein ?
Ce sont
finalement toutes ces explications qui nous fournissent la raison de sa
restauration.
Allez,
après avoir légèrement redressé les ailes arrières
à la pince, premier test pour le coffre ...
Un petit
morceau est découpé dans une feuille de métal à
forte teneur en zinc, et plié pour se rapprocher de la forme originale
du coffre. Ajusté, limé, poncé, le résultat
est rapidement encourageant ...
D'autant
plus, lorsqu'il est monté ... !
C'est
un moment historique, car c'est la première fois que je vois cette
auto avec un coffre ! Durant toutes ces années j'étais persuadé
que toutes les Lincoln Continental du monde entier n'avaient pas de coffre
... ;-)
A ce stade,
il n'est pas encore défini s'il sera remonté ouvrant ou plus
simplement définitivement fermé, car fixer des charnières
sur du zinc risque de ne pas être facile, la soudure n'étant
pas aisée sur ce métal.
Ouverture
...
Oh ! Il
y a bien eu, un jour, un coffre sur cette auto !
Voilà
ce qu'il en reste :
Un petit
bout de charnière !
Allez,
démontage des carreaux, un bon nettoyage à l'eau savonneuse,
trempette dans le bain de décapant, nettoyage de la peinture, désoxydation
du métal ... et nous obtenons cela ...
Nous allons
maintenant pouvoir revenir sur la fermeture du coffre.
Voilà
une charnière recomposée à l'aide d'un fil de fer
très résistant.
Celle-ci
va être tout simplement collée en dessous du nouveau coffre,
à l'aide d'une colle forte. L'option "soudure à froid" reste
également envisageable si la colle pose problème.
Montage
et collage de la fixation avec le coffre :
L'aspect
est déjà pas mal :
Allez,
passage en peinture !
Un vert
métal plus foncé que celui d'origine est choisi pour habiller
la nouvelle jeunesse de notre pièce d'anthologie. Simple choix personnel.
(Et un peu par obligation, car trouver un jaune-verdâtre métal
n'a pas été possible !)
Les dessous
de la (future) belle sont également passés au nettoyage et
les lamelles de plastique utilisés pour la suspension sont réparées
et recollées.
Carrosserie
en sortie de peinture ...
Si le
carreau arrière en bon état est juste repoli au polish
auto, le pare-brise cassé est enlevé. Un nouveau est
découpé dans du plastique transparent assez rigide (mais
pas trop, afin de lui imposer la légère courbure nécessaire).
Pour la petite histoire, il s'agit ici d'un morceau d'emballage de pile
! Il est à noter que la forme de ce pare-brise est des plus simple
(Le modèle original ne possède même pas un semblant
de moulage d'essuie-glaces !). Dans le cas d'une forme plus complexe, le
travail aurait été bien plus difficile ... (Peut-être
thermo-former le plastique au décapeur thermique ? Mmhh ... nous
testerons peut-être ça dans un projet futur !)
Le résultat
final remonté, dépasse de loin les espérances ...
Les plus
observateurs auront également remarqué que les roues remontées
(Superfast "seconde génération") ne sont pas celles
d'origine (vraiment trop usées), qui étaient les roues des
tous premiers modèles Superfast (appelés "transitional
wheels"). Ces premiers modèles Superfast n'étaient en
fait que des "Regular wheels" transformés (un peu rapidement)
en SF.
Ces roues,
bien que 2 fois plus larges et un peu plus hautes, trouvent parfaitement
leur place dans leurs passages respectifs (surtout avec les suspensions
réparées).
Un intéressant
exercice de restauration qui en valait tout de même la peine, non
?